Le nom de ce vin de Patrick Beguet est un double jeu. « Oh Yeah » est un album de Charles Mingus de 1962, et c’est aussi, si vous le dites assez lentement, un jeu de mots sur « ouillé » : le terme viticole français pour les vins maintenus remplis en fût, protégés de l’oxygène plutôt que vieillis sous voile. Dans le Jura, où le Savagnin oxydatif sous voile est la tradition (ancienne), faire une version ouillée était une déclaration. C’est Patrice Béguet qui dit : oh oui, vous pouvez faire ça aussi hehe
Qu’est-ce que le Savagnin ouillé... et pourquoi est-ce important dans le nom ?
Patrice Béguet cultive quatre hectares de vignes sans produits chimiques à Mesnay, Arbois, et récolte du Savagnin sur trois parcelles différentes. Les vignes pour Oh Yeah poussent à 300 mètres d’altitude sur des marnes grises et bleues, des sols riches en minéraux qui donnent au Savagnin du Jura sa tension distinctive. Dans la méthode traditionnelle ancienne du Jura, le Savagnin est laissé dans des fûts partiellement remplis pour s’habituer à l’oxygène sous un film de levure (sous voile), développant le caractère noix-curry le plus souvent associé au Vin Jaune. L’approche ouillée maintient les fûts remplis, protégeant entièrement le vin de l’oxygène, le résultat est quelque chose de plus frais, plus aromatique, et plus immédiatement buvable. C’est la manière habituelle de faire du vin aujourd’hui en France et dans la plupart du monde... mais la méthode ancienne du Jura est ce qui était connue comme traditionnelle parce que c’est ce pour quoi la région était réputée (et l’est toujours, mais ces vins sont moins courants maintenant)
Ainsi, la plupart des vins sont aujourd’hui produits selon cette méthode de remplissage, mais il est intéressant que cela doive être mentionné car le Jura est (ou était) si célèbre pour ses vins oxydatifs.
Oh Yeah est composé à 85 % de Savagnin, 15 % de Chardonnay. Et 10 % des raisins subissent un bref contact avec la peau ; le reste est pressé directement. Pas de sulfites ajoutés.
Nous n’avons pas encore goûté ce vin mais on dit qu’il est voilé et pâle, avec un nez immédiatement invitant : pamplemousse, ananas, une note florale. En bouche, nous attendons une tension avec une finale minérale, fraîche et qui persiste proprement.
Patrice Béguet a quitté une carrière de consultant informatique à Paris pour revenir à Mesnay, près d’Arbois dans le Jura, où il est né. Environ quatre hectares de vignes de domaine incluant des parcelles sur la célèbre Côte de Feule à Pupillin et Les Corvées. Pas de sulfites ajoutés. Chaque vin porte le nom d’un morceau de musique qu’il aime. Il a aussi son propre projet de Négoce où il est assez expérimental.